24 Septembre 2018

EXPO Périgueux 1984

Sur les îles d'Eric Lambertin

Né à Dakar, il est venu tout enfant en Périgord où il réside toujours.
Autodidacte, il a beaucoup travaillé pour affirmer sa technique et fait preuve
à la fois, de maîtrise et de précision.

Ses tableaux ? Eric Lambertin affectionne les îles qu'il conçoit de différentes manières :
les villes, tout d'abord. Elles surgissent à l'horizon entre ciel et eau, perdues au milieu
de l'immensité des éléments. Ainsi Venise et une vision de Périgueux particulièrement
originale, "l'île St Front".

Sur d'autres toiles, l'île apparaît découpée comme dans du bois ou du liège et flotte
à la surface d'une mer d'un bleu intense. Une naïade y vit solitaire.

Ce thème de la solitude se retrouve souvent dans la peinture d'Eric Lambertin :
déserts, ruines, villes abandonnées. Mais derrière, pointe l'humour, comme une note
d'espoir: la carcasse du bateau échoué dans les sables se couvre de bourgeons
et au milieu du béton, le guitariste voit poindre l'oreille qui va écouter sa musique.

Incontestablement, Eric Lambertin a beaucoup à dire. Mais ses tableaux parlent
plus à l'intellect qu'à la sensibilité.
Ses dessins, en revanche, touchent davantage en particulier deux nus empreints
de beaucoup de délicatesse.

Ajoutons qu'Eric Lambertin expose aussi des sérigraphies et un tableau qui s'inspire
de l'art de l'affiche et s'intitule: "Pop Music Story".

Manque d'unité ? influences diverses ? Peut-être. Mais n'est-ce pas le propre des
chercheurs d'explorer plusieurs directions ?

C.G.

EXPO Périgueux 1988

Les villes de Lambertin

Eric Lambertin aime les villes. Il les recrée comme entr'aperçues dans un rêve lointain.
Elles surgissent d'un univers vide entre ciel et eau. Se dessinent sur l'horizon plat des
immeubles et des maisons construites côte à côte.
Il a peint ainsi Périgueux, Bordeaux, La Rochelle, Saint Malo, Venise, Gorée...

Mais souvent, elles restent trop froides et rigides, sans doute à cause de cette
opposition du vide ambiant et d'un dessin très soignée, soucieux des détails.
Le côté onirique de ces tableaux déroute, on a du mal à pénétrer cet espace
intemporel, sauf dans "New-York" où certains immeubles sont juste esquissés,
et permettent plus un appel à l'imaginaire.

Eric Lambertin a le mérite de proposer une vision personnelle et originale
des villes qu'il a choisi de représenter.
Ce jeune artiste qui vit en Périgord depuis 1965 est autodidacte. Il a beaucoup
travaillé depuis huit ans et présente aujourd'hui sa deuxième exposition
au Palais des Fêtes de Périgueux.
Il appartient à la Société des Beaux-Arts. Il présente également des tableaux
symbolistes où l'on remarque une étude de masque vénitien enveloppé de tulle
et une vision cosmique appelée "Espace volumétrique"qui est aussi une dénonciation
de l"apartheid.

Ne voulant pas s'enfermer dans un style trop défini, il a réalisé des aquarelles,
des dessins et deux études à l'acrylique avec de beaux reflets de fluidité,
qui sont des hommages à Brel et Brassens.

Sud-Ouest

EXPO Thiviers 1990

Invité d'honneur du XIe Salon d'été

Avant même de pénétrer, à l'occasion du XIe salon d'été, dans les salles d'exposition
de l'hôtel de ville de Thiviers, le visiteur et amateur de peintures a une idée du talent
d'Eric LAMBERTIN. Il a en effet déjà pu admirer l'affiche sur laquelle s'étale comme une
île de rêve entre ciel et eau, Périgueux. Cet artiste périgourdin s'est d'ailleurs inspiré de
cette cité pour représenter comme un iréel Mont St Michel, au sommet duquel trône
la Cathédrale St Front.

Les villes inspirent à coup sûr ce peintre au talent original. Il les peint comme toutes ses
toiles, avec minutie, habileté et une grande technique ce qui n'empêche pas le grain
d'humour qui les rend moins froides.

Eric LAMBERTIN est un artiste dans l'air du temps. Certaines de ses oeuvres évoquent
l'art de la BD, mais sa personnalité s'y exprime et les rend uniques et toujours
intéressantes. Son cheminement d'artiste ne semble pas achevé. Gageons que sa
curiosité et son travail vont encore le pousser à essayer de trouver d'autres styles.
Il n'est pas impossible de le définir comme un architecte de l'irréel dont les oeuvres
atteindraient en même temps à l'équilibre et à l'harmonie.

Eric LAMBERTIN n'a pas peur des villes, pas même de celles du futur.
Il leur confère du bout de son pinceau, une indéniable douceur de vivre,
une atmosphère de paix. On apprécie ou pas, mais on ne peut rester insensible.

La peinture de LAMBERTIN est intelligente, mais adoucie par l'amour; ce sont
deux qualités essentielles.
Au visiteur maintenant d'en déceler d'autres, en partant à la découverte
de ses oeuvres, ce que propose le Salon d'été 1990.

Anne Gailhbaud